Le grand mystère du système immunitaire

Le grand mystère du système immunitaire

Sophie Pihan - Naturopathe > Les basiques > Le grand mystère du système immunitaire

Cette année, pour des raisons évidentes sur lesquelles je ne m’étendrais pas, on entend parler dans tous les sens du système immunitaire.
Avec des expressions qu’on entend à tord et à travers, comme “Booster votre système immunitaire”, etc.

Mais revenons aux bases :
qu’est-ce que le système immunitaire ?

  • Pratiquement tous les systèmes et organes du corps participent au système immunitaire et aux défenses de l’organisme : cela va des poils du nez au microbiote intestinal en passant par la surface de la peau. Tout est fait pour limiter au maximum l’entrée de tout corps étranger et potentiellement nocif dans le corps.
  • Il existe en fait plusieurs systèmes immunitaires dans l’organisme :
    • Les défenses immunitaires non spécifiques, aussi appelées les défenses immunitaires innées. Comme leur nom l’indique, ce sont les défenses immunitaires que l’on acquiert à la naissance. Elles comprennent :
      1. La première ligne de défense : poils, cils, peau, sécrétions mais aussi réflexe de vomissement ou de diarrhée, etc.
      2. La deuxième ligne de défense : comprenant
        • Des cellules comme les les phagocytes et les cellules tueuses naturelles (cellules multitâches qui vont en gros manger les éléments perturbateurs, tant pis pour eux !). Elles vont s’attaquer à tous les potentiels ennemis sans les différencier. Ce qui est majoritairement efficace mais pas pour tous les plus malins d’entre eux.
        • Le phénomène de la réaction inflammatoire : ce qui se passe quand vous vous coupez par exemple : c’est le mécanisme qui va se mettre en place pour que le corps se répare rapidement sans laisser entrer de corps étrangers dans l’organisme.
    • Les défenses immunitaires spécifiques, aussi appelées les défenses immunitaires acquises ou immunité adaptative. Ceux dont on entend beaucoup parler en ce moment. Ce sont notamment les lymphocytes B et T et les globules blancs. Il sont généralement spécifiques d’un antigène, d’un virus ou d’une bactérie et ne vont être recrutés que dans ce cas. Certains lymphocytes sont pourvus de mémoire et vont pouvoir reconnaître plus rapidement certains virus et organiser plus vite la défense de l’organisme contre celui-ci. C’est le principe du vaccin, qu’on soit pour ou contre. 😉
  • Les deux systèmes sont aussi importants l’un que l’autre. Ils vont majoritairement collaborer et sont complémentaires.

Quand on comprend cela, on peut vite faire un lien évident :
prendre soin de son système immunitaire, c’est avant tout prendre soin de l’ensemble de son corps !


Comment prendre soin de son système immunitaire ?

Et c’est donc avant tout avoir une bonne hygiène de vie de manière durable. Car oui : le système immunitaire se travaille au quotidien.

Alors oui je vous vois venir : vous n’avez pas envie de vivre une vie d’ascète même si c’est pour conserver une bonne santé… et je vous comprends !
Ça tombe bien car ce n’est non plus pas mon objectif. Ce n’est pas non plus mon hygiène de vie personnelle.
Car, dans la vie, tout est une question d’équilibre… c’est ce que je dis tout le temps ! 

Comme disait Paracelse : “c’est la dose qui fait le poison”. Il y a un juste milieu entre manger parfaitement sain et avoir une hygiène de vie idéale (et finalement ne pas “vivre” au sens de “profiter”) et manger de la junk food tous les jours en dormant 3h par nuit. Je caricature mais vous aurez compris…

Car oui, prendre soin de son système immunitaire commence donc par prendre soin de son hygiène de vie au quotidien. Sinon booster son système immunitaire (même avec des solutions naturelles) cela revient à rouler en 3ème à 130 km/h sur l’autoroute. Même moi qui ne conduis pas, je comprends la métaphore : ça ne va pas tenir longtemps.

Donc concrètement, avoir une bonne hygiène de vie, c’est quoi ?

>> Avoir une alimentation équilibrée : et cela veut dire variée et le plus bio possible. Beaucoup de légumes (70 à 80%), des bons gras et de bonnes sources de protéines. Chaque aliment a une quantité et une proportion de minéraux et de nutriments différents : plus vous variez votre alimentation, plus vous variez votre apport en minéraux.

>> BOUGER ! La vie c’est le mouvement ! Avoir une activité physique au quotidien est indispensable. Et quand je dis “activité physique”, n’entendez pas “marathon”… de la marche, quelques étirements, etc. suffisent déjà, surtout si vous vous y (re)mettez après plusieurs mois/années sans rien faire. Vous optimiserez la circulation sanguine et lymphatique ainsi que l’élimination des toxines par la transpiration. Sans compter les actions bénéfiques pour pleins d’autres fonctions du corps (calme du mental, amélioration de la digestion et du sommeil, etc.).

>> DORMIR ! Le sommeil, c’est le meilleur (le seul vrai ?) moyen qu’a le corps de se régénérez. De nos jours, le sommeil est souvent négligé et c’est bien dommage. Car c’est gratuit et terriblement efficace. Si vous avez des problèmes de sommeil, vous savez à quel point c’est le cas (et sachez d’ailleurs que vous n’êtes pas seul.e.s et que ce n’est pas une fatalité !).

>> Apprendre à gérer son stress et ses émotions : dans ce monde qui va à 1000 à l’heure, ce n’est pas toujours facile. Mais c’est essentiel et de plus en plus de ressources sont à votre disposition pour apprendre à le faire (et si vous êtes perdu.e.s, faire appel à un.e naturopathe pour y voir plus clair est aussi une bonne solution). C’est d’autant plus important que le stress est vraiment le pire ennemi du système immunitaire, notamment car il va dérégler le système digestif, dans lequel se loge une grande partie de celui-ci.

>> Prendre l’air ! Cela servira tous les autres points précédents !


Pour quels compléments alimentaires naturels opter ?

Et si malgré ça, vous vous sentez encore faible ? Si vous avez un problème de santé qui vous empêche de mettre tout cela en place seul.e ? Ou si vous êtes tout simplement perdu.e.s dans ces injonctions ?

C’est à ce moment-là qu’il peut être intéressant de vous faire accompagner, notamment par un.e naturopathe.
Et c’est notamment le naturopathe qui pourra vous aider à choisir les bons compléments pour vous soutenir (et non booster, souvenez-vous plus haut) votre système immunitaire.

Car les plantes sont puissantes. Parfois autant voire plus puissantes que certains médicaments. Des précautions d’emploi et des contre-indications existent et j’avoue être assez perplexe quand je vois que cela est rarement mentionné.

Si toutefois, vous ne ressentez pas le besoin de voir un.e naturopathe car vous vous sentez en bonne santé. Et que vous souhaitez quand-même optimiser votre système immunitaire (en plus d’une bonne hygiène de vie, je me permets de le répéter, il faut bien que ça rentre).

Un exemple tout simple.
On entend très souvent de l’échinacée comme étant une plante très efficace pour le système immunitaire. Ce qui est vrai. Ce qu’on entend (presque) jamais, c’est que c’est une plante contre-indiquée en cas de maladie auto-immune (et il y en a beaucoup : sclérose en plaque, spondylarthrite ankylosante, polyarthrite rhumatoïde, thyroïdite de Hashimoto, psoriasis, diabète de type 1, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique et j’en passe…)
Si vous avez une maladie auto-immune et que vous prenez de l’échinacée, cela risque d’empirer celle-ci. Tout simplement car, dans le cas d’une MAI, c’est le système immunitaire dit spécifique qui est déjà déréglé et en surrégime… vous imaginez bien qu’il n’y a pas besoin de le booster, au contraire.


La vitamine D

Tout d’abord, ce que je conseillerais en premier à tout le monde, c’est la vitamine D.

C’est une vitamine multitâche (assez connue concernant son rôle sur la calcification osseuse), une des plus importantes du corps, qui a de nombreuses fonctions, notamment celle de participer au système immunitaire. En effet, ce sont majoritairement les macrophages qui ont besoin de vitamine D pour bien travailler. Et en particulier les macrophages qui travaillent au niveau des alvéoles pulmonaires. La vitamine D a aussi un rôle dans les défenses immunitaires spécifiques.

La finalisation de la fabrication de la vitamine D nécessite un passage par le foie ET par les reins, d’où l’importance encore que ces organes soient en bonne santé… et la nécessité d’avoir une bonne hygiène de vie (oui, je sais, je suis en boucle…)

Le problème ? On la trouve très peu dans notre alimentation (la fameuse huile de foie de morue est championne dans le domaine, mais elle est aussi très concentrée en vitamine A, dont la surconsommation peut être toxique). On la synthétise via la peau grâce aux rayons du soleil. Mais entre octobre et avril en France métropolitaine, cette synthèse est impossible et vous aurez beau vous exposer au soleil malgré le froid, cela ne servira malheureusement à rien à ce niveau-là car l’inclinaison de la Terre par rapport au soleil n’est pas assez importante (allez, un petit rappel des leçons de physique en passant, c’est cadeau).

Alors on fait quoi ? 

1. On évite les ampoules à haute dose généralement prescrites (même si elles ont l’avantage d’être remboursées). Bien que la vitamine D soit une vitamine liposoluble (= soluble et stockable dans la graisse), sa capacité de stockage n’est pas infinie et prendre une dose unique pour un stock de plusieurs mois semble donc un peu absurde.

2. Dans l’idéal, on se fait tester en laboratoire (notamment au début de l’automne) pour savoir si on est déjà en déficit. Dans ce cas là on pourra augmenter les doses et passer à 4 ou 5 gouttes par jour au lieu de 1 à 2 gouttes s’il n’y a pas de déficit.

3. On prend de la vitamine D en gouttes au quotidien, d’origine végétale ou animale. Il existe de nombreuses marques disponibles en magasin bio ou en parapharmacie, pour un prix entre 18 et 25€… sachant qu’un flacon vous durera 6 mois ! Personnellement, j’ai testé le laboratoire D.plantes, que je recommande. Il y a même une version vegan avec une vitamine issu du lichen !

Peu de contre indications sauf en cas d’hypercalcémie, même s’il est de toute façon intéressant de se compléter avec l’accord d’un médecin, surtout si vous êtes déjà suivi.e.s et/ou si vous êtes médicamenté.e.s.

Pour en savoir plus de manière extrêmement complète et claire, je ne peux que vous conseiller l’article et la vidéo de Christophe Bernard :


D’autres idées pour chouchouter votre système immunitaire ?

>> Faire une cure de gelée royale ou de pollen (notamment le pollen de ciste ou de chataîgner) OU de propolis (un article arrive bientôt pour vous expliquer la différence).

>> Prendre des tisanes de thym (plutôt en cure de 3 semaines, en veillant à faire une pause d’au moins une semaine ensuite).

>> Utiliser l’huile essentielle de Ravintsara (en se massant les tempes, les poignets et/ou le dessous des pieds le soir avant de dormir : si vous choisissez une HE de qualité, 1 à 2 gouttes suffisent largement car les huiles essentielles sont très puissantes. Je vous conseille particulièrement la marque Betsara).

>> Mettre le système digestif au repos de manière hebdomadaire en faisant une monodiète ou un jeûne de 24h par semaine (mais éviter de commencer à le faire en plein hiver, plutôt en automne).


Conseils autour des plantes

Concernant la phytologie (ce qui comprend les huiles essentielles), il faut être vigilant car, comme je vous le disais, les plantes sont puissantes !

1. Se renseigner soi-même si les contre-indications (les articles sur le sujet ne suffisent pas et ne sont souvent pas assez sourcés donc cherchez bien !).
2. Choisir des plantes de qualité ! Bio et en vrac de préférence.
3. Privilégier les plantes de nos régions et, dans la mesure du possible, éviter les plantes du bout du monde, qui ont pris l’avion et dont on maîtrise moins les conditions de production.

Eh bien voilà, j’ai bien l’impression qu’on a fait le tour du système immunitaire, ou au moins fait un bon résumé !

D’une manière générale, je pense qu’il est extrêmement important de questionner et de s’informer, de ne pas faire aveuglément confiance à ce qu’on lit dans les médias ou sur les réseaux sociaux.
Et si mon article peut vous aider à prendre du recul, tant mieux !

Prochainement, on parlera d’autres « modes » dans les médias ou sur les réseaux (CBD, adaptogènes) et dont on a souvent du mal à démêler le vrai du faux.

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